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Au-delà des pôles
Rêveries entre guinguette, bouquinistes & hamacs
Une riche constellation d'usages plus légers vient irriguer le domaine, en accès libre ou au fil des saisons.
Au-delà des trois pôles qui structurent le projet, le Château se prête à une multitude d'usages plus légers, plus spontanés, qui ne demandent ni programme ni ticket d'entrée : s'attabler, flâner, planter, regarder un film sous les étoiles. Ce sont ces activités qui donnent au domaine son caractère de lieu de vie autant que de lieu de création.
Cette page rassemble, au fil de leur écriture, les descriptions de chacune de ces propositions. Certaines sont déjà détaillées ci-dessous ; les autres suivront prochainement.
Activité 01
Épicerie coopérative et d'entraide
Pensée comme un service de proximité autant que comme un lieu de rencontre, l'épicerie fera une large place aux productions locales, aux circuits courts et à des produits accessibles. Son fonctionnement sera coopératif : pour pouvoir s'y approvisionner, il faudra adhérer au projet et contribuer chaque mois, à hauteur de trois heures fractionnables, au fonctionnement de l'épicerie. Ce modèle doit permettre de conjuguer qualité des produits, maîtrise des prix, implication des habitants et soutien aux producteurs du territoire.
Développement
L'épicerie répond à une ambition ancienne du projet : faire du Château non seulement un lieu où l'on vient ponctuellement pour un spectacle, un atelier ou un événement, mais aussi un endroit capable d'entrer dans les usages ordinaires du village. Venir récupérer une commande, acheter des légumes, des produits d'épicerie, une conserve ou une production locale constitue une autre manière de franchir le portail et, peu à peu, de faire du domaine un lieu réellement habité.
Dès les premières esquisses du projet, l'épicerie était envisagée comme l'un des premiers services susceptibles d'ancrer le Château dans son environnement quotidien. L'objectif reste le même : répondre à des besoins de proximité, créer une habitude de fréquentation du lieu et favoriser des relations plus directes entre habitants, producteurs, artisans et acteurs économiques du territoire.
Il ne s'agit toutefois pas de reconstituer en miniature une grande surface. L'épicerie proposera une gamme volontairement maîtrisée : fruits et légumes, épicerie sèche, boissons, conserves, produits frais ou transformés, choisis progressivement en fonction des besoins des coopérateurs et des partenariats réellement construits. La proximité constituera un critère important sans devenir une règle rigide : l'origine, la qualité, le prix, les conditions de production et la possibilité de connaître celles et ceux qui produisent compteront autant que le nombre de kilomètres parcourus.
L'offre cherchera en particulier à s'inscrire en complémentarité avec les commerces déjà présents à Boisseron. Le projet n'a pas vocation à reproduire ce que proposent déjà les commerçants du village, mais à identifier des besoins peu ou mal couverts, à faciliter l'accès à certaines productions locales et à créer de nouveaux débouchés pour des producteurs et artisans du territoire.
Une épicerie faite par celles et ceux qui l'utilisent
L'épicerie reposera sur un principe coopératif simple : pour pouvoir s'y approvisionner, il faudra être coopérateur, c'est-à-dire adhérer au projet et contribuer chaque mois à son fonctionnement à hauteur de trois heures. Ces trois heures pourront être fractionnées et consacrées, selon les besoins et les compétences de chacun, à l'accueil, à la réception des livraisons, à la mise en rayon, au rangement, à l'entretien, à la préparation des commandes ou à d'autres tâches clairement identifiées.
Cette contribution ne constitue pas un bénévolat périphérique ajouté à un commerce fonctionnant par ailleurs de manière classique : elle est l'un des fondements du modèle. Les personnes qui utilisent l'épicerie participent directement à son fonctionnement. Leur temps contribue à limiter une partie des coûts, mais aussi à créer une relation différente au commerce et à l'alimentation : l'usager n'est plus uniquement client, il prend part au service dont il bénéficie.
Cette implication doit également permettre aux coopérateurs de participer progressivement à la vie de l'épicerie : faire remonter un besoin, proposer un producteur, contribuer au choix de certaines références ou organiser une commande groupée. L'assortiment pourra ainsi évoluer à partir des usages réellement constatés plutôt que d'un catalogue établi une fois pour toutes.
Pour autant, le fonctionnement de l'épicerie ne pourra pas reposer exclusivement sur ces contributions. Les approvisionnements, la relation avec les fournisseurs, le suivi des stocks, l'administration, la comptabilité, l'organisation des permanences et la continuité du service nécessitent une coordination professionnelle. Le modèle recherchera donc une complémentarité entre l'engagement des coopérateurs et une fonction salariée garantissant la régularité et la pérennité de l'activité.
Consommer autrement sans payer plus cher
L'un des enjeux initiaux du projet était de ne pas réserver les circuits courts, le bio ou les productions de qualité aux ménages disposant des revenus les plus élevés. Cette intention reste centrale.
L'épicerie pourra donc associer plusieurs niveaux d'offre : des productions très directement liées au territoire, des produits du quotidien choisis pour leur rapport qualité-prix et des découvertes proposées plus ponctuellement. La recherche du « local » ne devra pas conduire mécaniquement à une offre inaccessible.
Les commandes groupées et les précommandes pourront jouer ici un rôle important. Elles permettent de travailler avec de petits producteurs sans multiplier les stocks, d'obtenir certains produits à des conditions plus favorables, de proposer des produits saisonniers et de limiter les pertes et les invendus. Elles donnent aussi aux coopérateurs la possibilité d'exprimer directement leurs besoins.
À moyen terme, des partenariats pourront être recherchés avec des producteurs, des ateliers de transformation, des réseaux agricoles et des structures d'accompagnement économique du territoire. Les premières réflexions identifiaient notamment les réseaux du CIVAM et les entreprises accompagnées par Via Innova comme des interlocuteurs possibles. Ces pistes devront naturellement être réexaminées au moment de la mise en œuvre, en fonction des acteurs alors présents et des coopérations réellement possibles.
Une dimension solidaire à construire
La dimension solidaire ne doit pas se limiter au nom de l'épicerie. Dès l'origine, plusieurs pistes ont été envisagées pour permettre aux foyers économiquement fragiles d'accéder eux aussi à une alimentation de qualité.
L'une d'elles consiste à nouer des partenariats permettant de récupérer ou d'acheter à très faible coût certains surplus ou invendus encore parfaitement consommables. Cette démarche permettrait de conjuguer lutte contre le gaspillage et accessibilité des prix, sans constituer pour autant une offre alimentaire de second rang réservée aux ménages précaires.
D'autres mécanismes pourront être étudiés avec les acteurs sociaux du territoire afin qu'une aide puisse être intégrée directement au moyen de paiement ou au compte d'un coopérateur, sans avoir à signaler sa situation au moment de passer en caisse. L'intention reste la même : rendre la solidarité aussi discrète et peu stigmatisante que possible.
Cette ambition soulève néanmoins une question que le projet devra résoudre : si l'accès à l'épicerie suppose normalement trois heures mensuelles de participation, des modalités adaptées devront être étudiées, par exemple à travers de simples dispenses, pour les personnes qui, en raison de l'âge, d'un handicap, d'une maladie ou de contraintes personnelles importantes, ne seraient pas en mesure de contribuer dans les mêmes conditions. Ce point devra être travaillé avec attention au moment de l'expérimentation.
Réduire les emballages et le gaspillage
Le vrac et le réemploi des emballages font également partie des pistes envisagées depuis l'origine. Lorsque les conditions sanitaires et logistiques le permettront, certains produits pourront être proposés en vrac ou dans des contenants réemployables.
L'utilisation de ses propres contenants, les systèmes de consigne ou le retour des emballages pourront être encouragés. L'enjeu n'est pas d'afficher artificiellement une épicerie « zéro déchet », mais de réduire progressivement les emballages chaque fois qu'une solution simple, sûre et économiquement viable existe.
Cette démarche pourra être prolongée par des ateliers consacrés à la conservation, aux fermentations, à la transformation des surplus alimentaires, à la saisonnalité ou à la réduction du gaspillage domestique.
Le comptoir des productions du Château et du territoire
Une place particulière pourra être réservée aux productions développées au Château : éditions, affiches, textiles et objets issus de L'Atelier des formes*, plants, champignons ou préparations alimentaires développées sur place.
L'épicerie pourra ainsi devenir progressivement le comptoir commun des productions du Château, plutôt que chaque activité aménage son propre point de vente. Elle pourra également accueillir des produits d'artisans, de producteurs ou de jeunes entreprises du territoire, notamment celles accompagnées par Via Innova, lorsqu'ils correspondent au projet de l'épicerie et à l'intérêt des coopérateurs.
L'épicerie dialoguera naturellement avec les autres usages alimentaires du Château. Un producteur rencontré lors d'un marché pourra rejoindre certains rayons ; des produits disponibles à l'épicerie pourront être cuisinés à la guinguette ; une commande saisonnière pourra être organisée avec plusieurs producteurs ; les surplus pourront donner lieu à un atelier de transformation ou de conservation.
Un service de proximité, mais aussi un outil de transition
Cette fonction alimentaire participe pleinement de la philosophie du tiers-lieu. La transition écologique ne se joue pas seulement dans de grands équipements ou des discours spécialisés : elle s'incarne dans ce que nous achetons, mangeons, conservons et jetons, dans les emballages que nous utilisons et dans les relations économiques que nous entretenons avec celles et ceux qui produisent notre alimentation.
L'épicerie pourra ainsi devenir progressivement un lieu où l'on rend plus lisibles les saisons, les origines, les modes de production, les prix et les circuits empruntés par les aliments. Elle n'a pas vocation à dicter une manière de consommer, mais à donner davantage de moyens de comprendre, de comparer et de choisir.
Une montée en charge qui prendra du temps
Un tel modèle ne trouvera pas son équilibre en quelques mois. La montée en charge de l'épicerie doit être envisagée sur plusieurs dizaines de mois : il faudra progressivement constituer une communauté suffisamment large de coopérateurs, installer des habitudes d'achat, éprouver l'organisation des permanences, construire des relations durables avec les fournisseurs et ajuster l'assortiment aux besoins réellement constatés.
Les premières années seront donc aussi des années d'apprentissage. Certains produits trouveront rapidement leur public, d'autres moins ; certains modes d'organisation devront être simplifiés ou revus ; de nouveaux producteurs pourront rejoindre le projet tandis que certaines pistes seront abandonnées. Le rythme de croisière ne pourra raisonnablement s'installer qu'après plusieurs années de fonctionnement, lorsque les principaux équilibres entre fréquentation, participation coopérative, volume des achats, organisation professionnelle et viabilité économique auront eu le temps de se consolider.
Cette temporalité n'est pas envisagée comme une faiblesse du projet, mais comme une condition de sa solidité. Plutôt que chercher à atteindre immédiatement un modèle théorique, l'épicerie pourra grandir par étapes, mesurer ce qui fonctionne et engager de nouveaux moyens seulement lorsque les usages le justifient.
Et demain ?
Une fois les premiers usages stabilisés, l'épicerie pourra aussi devenir un terrain d'expérimentation pour quelques idées envisagées depuis les débuts du projet. Il ne s'agit pas d'en faire aujourd'hui un programme arrêté, mais de conserver ouvertes des possibilités qui pourront être testées si elles répondent à un besoin réel.
La question des monnaies locales en fait partie. L'acceptation d'une monnaie locale complémentaire présente sur le territoire pourra être envisagée si elle facilite effectivement les échanges avec des producteurs ou des acteurs économiques de proximité. Les premières réflexions allaient même jusqu'à imaginer une unité d'échange propre au Château. L'idée est stimulante ; elle gagnera surtout à être confrontée, le moment venu, aux usages, aux partenaires disponibles et à son utilité concrète plutôt qu'à être instituée par principe.
La solidarité pourrait également dépasser progressivement le seul champ alimentaire. Des coopérations avec des structures spécialisées pourraient permettre de proposer ponctuellement des vêtements, des fournitures scolaires, des livres, des produits d'hygiène ou de petits équipements issus du réemploi ou d'invendus. Ce prolongement n'a pas nécessairement vocation à prendre place dans les rayons de l'épicerie elle-même. Il pourrait trouver sa forme ailleurs dans le Château, selon les besoins qui émergeront et les partenariats qui pourront être noués.
D'autres pistes apparaîtront sans doute chemin faisant. Certaines idées sembleront pertinentes sur le papier et le seront moins à l'usage ; d'autres pourront naître de demandes que nous n'avions pas anticipées. C'est aussi l'intérêt d'un lieu coopératif : pouvoir observer, essayer, corriger et faire évoluer son fonctionnement sans considérer les premières hypothèses comme définitives.
Les premiers mois, puis les premières années, permettront ainsi de regarder très concrètement ce qui fonctionne : les produits recherchés, les commandes qui reviennent, les besoins auxquels l'épicerie ne répond pas encore, la manière dont les coopérateurs s'impliquent, la capacité des producteurs à approvisionner le lieu, les relations avec les commerces de Boisseron et, bien sûr, l'équilibre économique de l'ensemble. Ces observations aideront à choisir les développements qui méritent réellement d'être poursuivis.
L'épicerie pourra ainsi devenir l'une des portes d'entrée les plus quotidiennes du Château. On viendra récupérer une commande et l'on découvrira peut-être qu'une projection est prévue le soir même ; on achètera quelques légumes avant de s'attarder devant une exposition ; on viendra pour un événement et l'on repartira avec un produit cultivé, transformé ou fabriqué sur le territoire.
Ce sont précisément ces circulations que le projet cherche à rendre possibles. L'épicerie ne serait alors ni un commerce simplement ajouté au Château, ni un prétexte à parler d'alimentation autrement. Elle deviendrait un service coopératif réellement utilisé, un débouché pour des producteurs et des initiatives locales, un outil de solidarité et, à son échelle, un lieu où l'on peut essayer très concrètement d'autres façons de consommer, d'échanger et de faire ensemble.
* L'Atelier des formes est, à ce stade, une piste de réflexion interne au projet, non encore ouverte au public.
« Grâce à l'entraide, l'économie retrouve un visage - et nous, le sourire. »
Activité 02
L'Écocidothèque
Centre de ressources scientifiques et juridiques sur les écocides, L'Écocidothèque sera appelée à documenter, inventorier et catégoriser les atteintes au vivant, en réunissant et en croisant des ressources issues notamment des sciences de l'environnement et du droit.
L'Écocidothèque est appelée à constituer l'un des dispositifs spécifiques du pôle Écologies & cultures du vivant du Château, aux côtés des autres activités de ce pôle. Il ne s'agira pas d'un espace clos réservé à des spécialistes, mais d'un lieu permettant de relier des ressources scientifiques et juridiques, des retours d'expérience de terrain et une capacité collective à comprendre les atteintes portées au vivant.
Sa première fonction sera d'orienter. Face à la dispersion des sources sur les atteintes portées au vivant — études scientifiques, rapports d'expertise, jurisprudence, textes de loi, travaux associatifs — il devient difficile d'en rassembler une vision d'ensemble. L'Écocidothèque pourra sélectionner, organiser et rendre accessibles ces ressources, en les croisant plutôt qu'en les juxtaposant.
Cette fonction documentaire pourra prendre plusieurs formes complémentaires : fonds bibliographique et juridique, bases de données recensant des cas documentés, cartographies des atteintes constatées, synthèses scientifiques, veille législative et jurisprudentielle, ou productions issues de partenariats de recherche. Le fonds évoluera au rythme des collaborations engagées avec les sciences de l'environnement et le droit.
L'Écocidothèque restera reliée à la vie du domaine : les activités du pôle Écologies & cultures du vivant et les partenariats noués localement pourront nourrir ses choix documentaires, sans se substituer aux travaux scientifiques et juridiques sur lesquels elle s'appuiera.
Elle pourra également faciliter la rencontre avec celles et ceux qui travaillent sur ces questions : chercheurs en sciences de l'environnement, juristes spécialisés en droit de l'environnement, associations de protection de la nature, collectifs citoyens ou institutions engagées dans la documentation des atteintes au vivant. Cette pluralité est essentielle, car appréhender une atteinte au vivant croise nécessairement des savoirs scientifiques et des cadres juridiques.
Les atteintes au vivant seront abordées dans leur interdépendance entre sciences et droit. Constater une dégradation suppose des données scientifiques robustes ; en qualifier la portée suppose des cadres juridiques précis ; rendre ces éléments compréhensibles suppose enfin un travail de médiation et de vulgarisation. Le projet du Château s'est précisément construit à partir de cette exigence de croisement des savoirs.
L'Écocidothèque pourra aussi devenir un lieu d'étude et de réflexion partagée. Des ateliers, rencontres, colloques, travaux étudiants ou programmes associant chercheurs, juristes et habitants pourront y trouver un point d'ancrage. Il ne s'agira pas de délivrer des qualifications juridiques définitives ni de mener des activités d'enquête ou d'expertise, mais de permettre l'étude, la discussion et l'appropriation critique des connaissances disponibles.
Cette fonction rejoint une ambition présente depuis les premières formulations du projet : faire du Château un lieu où l'attention portée au vivant s'appuie sur des connaissances rigoureuses, à l'échelle locale comme dans des dossiers plus larges.
À cette condition, la vigilance portée au vivant ne sera plus un simple thème ajouté à la programmation culturelle. Elle deviendra une manière de comprendre ce qui l'abîme, de le documenter avec rigueur, et d'éclairer, pas à pas, les responsabilités qui l'accompagnent.
« Documenter les atteintes au vivant, croiser les savoirs, éclairer les responsabilités. »
Activité 03
Guinguette musicale
Sous les arbres du parc, la guinguette sera un lieu simple où se retrouver, boire un verre, partager une cuisine de saison et écouter de la musique. Habitants, artistes et visiteurs pourront s'y croiser dans une ambiance conviviale, au rythme des beaux jours et de la programmation du Château.
Sous les arbres du parc, à quelques pas de la Bénovie et du cœur ancien de Boisseron, la guinguette est imaginée comme l'un des lieux les plus simples pour entrer au Château : on pourra y venir pour boire un verre, partager un repas, écouter de la musique ou simplement prolonger une promenade. Un endroit accessible, sans cérémonial, où habitants du village, promeneurs, artistes en résidence et visiteurs de passage pourront se retrouver autour d'une même table.
Pensée comme une activité saisonnière, la guinguette s'inscrit dans cette tradition méridionale des lieux ouverts où restauration, musique et sociabilité se mêlent sans que l'une prenne le pas sur les autres. La programmation pourra privilégier des concerts de petite ou moyenne forme, des artistes du territoire, la chanson, les musiques acoustiques ou amplifiées dans des configurations compatibles avec le parc et son environnement.
La restauration prolongera la même logique : une cuisine lisible, conviviale, attentive aux saisons et aux productions locales, en lien autant que possible avec les producteurs, artisans et filières alimentaires du territoire. L'ambition n'est pas de créer un restaurant isolé de son environnement, mais un point de rencontre entre ce que l'on cultive, transforme, cuisine et partage autour de Boisseron.
Cette guinguette pourra également accueillir certaines restitutions d'ateliers, rencontres avec des artistes, petites formes théâtrales ou rendez-vous improvisés. Elle fera ainsi le lien entre la programmation culturelle du Château et des usages beaucoup plus quotidiens : prendre un café à l'ombre, retrouver des voisins, dîner dehors un soir d'été, découvrir un musicien que l'on ne connaissait pas.
Le dispositif restera volontairement léger. Dans l'esprit du projet, l'enjeu consiste moins à multiplier les équipements qu'à prendre appui sur le paysage existant, les clairières, les arbres, les bâtiments réhabilités et les ressources disponibles. Une guinguette sobre, hospitalière et évolutive, capable de changer de rythme avec les saisons.
Elle permettra surtout de redonner au domaine une fonction qu'il a déjà connue au cours de son histoire récente : celle d'un lieu où l'on vient ensemble, non seulement pour assister à quelque chose, mais pour passer du temps, faire connaissance et habiter temporairement un espace commun.
« Boire un verre, écouter de la musique, refaire le monde à la table d'à côté. »
Activité 04
Cinéma en plein air
À la tombée du jour, le parc pourra devenir une salle de cinéma à ciel ouvert. Films de patrimoine, créations contemporaines, documentaires ou séances familiales composeront une programmation ouverte à tous, souvent prolongée par une rencontre, un échange ou une découverte des coulisses du cinéma.
Lorsque le jour tombe sur le parc, le Château peut devenir une salle de cinéma sans murs. Un écran, quelques rangées de sièges ou des assises plus libres, les bruissements du parc en arrière-plan et, devant nous, des films à découvrir ou à revoir collectivement : le cinéma en plein air est pensé comme l'une des formes emblématiques de la programmation estivale.
Cette proposition prolonge naturellement l'un des ancrages historiques du projet, construit dès son origine autour du cinéma, de l'audiovisuel, de la formation aux médias et de la circulation des œuvres. Elle permettra de relier une activité populaire et immédiatement accessible aux dimensions plus permanentes du pôle Médias et Arts numériques.
La programmation pourra circuler entre cinéma de patrimoine et création contemporaine, documentaires et fictions, films destinés au jeune public, œuvres rares, productions régionales ou propositions portées par des cinéastes invités. Le plein air ouvre aussi la possibilité de composer des séances autrement : un film précédé d'une rencontre, accompagné par un artiste, prolongé par une discussion, une archive, un court métrage ou une proposition sonore.
Le cinéma est ici envisagé comme une expérience collective plutôt que comme une simple consommation d'images. Voir ensemble permet de confronter des regards, de retrouver le plaisir de la discussion après la projection et de replacer les œuvres dans une histoire, un territoire ou une question contemporaine.
Certaines séances pourront ainsi dialoguer avec les activités d'éducation aux médias développées au Château : comprendre comment un récit se construit, interroger les images qui nous entourent, découvrir les métiers du cinéma, rencontrer celles et ceux qui fabriquent les films. À d'autres moments, l'essentiel sera simplement de retrouver le plaisir élémentaire d'une projection sous les étoiles.
Le parc offre pour cela une configuration particulièrement précieuse : un espace naturel situé au cœur du village, suffisamment vaste pour accueillir différents usages mais dont la programmation devra rester attentive aux équilibres du vivant, aux usages voisins et à la tranquillité du site.
Le cinéma en plein air participera ainsi d'une ambition plus large : faire du Château un endroit où les pratiques culturelles les plus exigeantes peuvent conserver quelque chose de profondément quotidien, populaire et partagé.
« Regarder ensemble, c'est déjà commencer à se connaître. »
Activité 05
Hameau des bouquinistes
Livres anciens ou d'occasion, éditions indépendantes, revues, affiches et curiosités imprimées pourront investir les chemins du Château. Pensé comme un petit village du livre, le Hameau invitera à flâner, feuilleter, discuter et découvrir des ouvrages que l'on ne cherchait pas forcément.
Le Hameau des bouquinistes est imaginé comme un rendez-vous saisonnier consacré aux livres, aux images imprimées et au plaisir de la découverte. Plutôt qu'un salon installé dans un équipement fermé, il pourra prendre place dans les espaces extérieurs du Château, au fil d'un cheminement ponctué d'étals, de petites échoppes ou de dispositifs légers.
Bouquinistes professionnels, libraires d'occasion, éditeurs indépendants, revuistes, associations ou détenteurs de fonds spécialisés pourront y faire circuler livres anciens, littérature, essais, bandes dessinées, affiches, photographies, revues et publications difficiles à rencontrer dans les circuits ordinaires.
Le mot « hameau » exprime ici davantage qu'une forme scénographique. Il suggère une implantation à échelle humaine, faite de voisinages, d'arrêts, de conversations et de détours. On pourra venir avec une recherche précise et repartir avec un ouvrage découvert par hasard ; s'arrêter pour discuter avec un libraire ; feuilleter longtemps un livre à l'ombre avant de poursuivre sa promenade dans le parc.
Des rencontres avec des auteurs, éditeurs, chercheurs ou artistes pourront naturellement accompagner certaines éditions, tout comme des lectures, ateliers d'écriture, petites expositions documentaires ou présentations de collections. Le dispositif pourra également dialoguer avec les activités consacrées à l'esprit critique, aux médias et à la transmission des savoirs développées ailleurs dans le tiers-lieu.
Dans un projet qui accorde une place importante aux communs, la circulation du livre possède une signification particulière. Le livre d'occasion traverse plusieurs vies ; il conserve les traces de ses lecteurs successifs et échappe en partie à l'économie de l'objet immédiatement périssable. Le Hameau peut donc être à la fois un rendez-vous culturel et une manière très concrète de remettre en circulation des ressources existantes.
Installé au cœur d'un domaine patrimonial longtemps fermé au public, il participera enfin à une réappropriation paisible du site. On n'y viendra pas uniquement « pour le Château », mais parce que quelque chose s'y passe, à hauteur de village : chercher un livre, croiser quelqu'un, rester un moment, puis revenir.
« Ici, on ne vend pas des livres : on les remet en circulation. »
Activité 06
Marché locavore
Producteurs, artisans, associations et acteurs de l'économie sociale et solidaire pourront se retrouver régulièrement au Château. Plus qu'un marché, ce rendez-vous cherchera à rapprocher celles et ceux qui produisent de celles et ceux qui vivent ici, en privilégiant proximité, qualité et relations directes.
Le marché locavore part d'une idée simple : rapprocher celles et ceux qui produisent, cultivent, fabriquent ou transforment de celles et ceux qui vivent ici. Dans un territoire situé entre Pays de Lunel, Sommiérois, garrigues et plaine littorale, les ressources agricoles, alimentaires, artisanales et associatives sont nombreuses mais souvent dispersées.
Le Château pourra leur offrir ponctuellement un espace de visibilité et de rencontre. Producteurs, artisans, structures de l'économie sociale et solidaire, collectifs et initiatives citoyennes pourront y présenter leurs produits, leurs savoir-faire et leurs démarches dans un cadre accessible au public.
Le qualificatif « solidaire » ne désigne pas seulement un mode de vente. Il renvoie à une manière de remettre de la relation dans l'échange : connaître l'origine de ce que l'on achète, comprendre les conditions dans lesquelles cela a été produit, identifier les acteurs du territoire et favoriser chaque fois que possible des circuits plus directs.
Le marché pourra naturellement dialoguer avec les autres activités du lieu : cuisine de la guinguette, épicerie coopérative, ateliers consacrés à l'alimentation, au jardin, à l'agriculture ou au réemploi. Des producteurs invités pourront expliquer leur métier ; des associations présenter une initiative ; un atelier ou une démonstration permettre de comprendre un geste ou une technique.
Cette présence ponctuelle d'une économie locale au cœur du domaine participe de l'ambition générale du Château : ne pas séparer artificiellement culture, écologie et vie quotidienne. Manger, cultiver, fabriquer, réparer, transmettre ou créer constituent autant de manières de faire territoire.
Le marché locavore pourra ainsi devenir un rendez-vous régulier mais évolutif, dont la composition variera avec les saisons et les coopérations qui se construiront. Non pas une foire supplémentaire, mais un espace où l'activité économique retrouve sa dimension sociale : une place où l'on échange aussi des informations, des pratiques et des relations.
« Raccourcir la distance entre ce qui pousse et ce qu'on mange. »
Activité 07
Bals & banquets populaires
De grandes tablées, de la musique, un espace pour danser et le plaisir de se retrouver : bals et banquets renoueront avec des formes simples et populaires de convivialité. Des rendez-vous intergénérationnels où habitants, artistes et visiteurs pourront partager repas, musiques, récits et moments de fête.
Il existe des moments où la meilleure manière de fabriquer du commun consiste simplement à dresser de longues tables ou à dégager un espace pour danser. Les bals et banquets populaires s'inscrivent dans cette tradition : des rendez-vous où les générations, les habitants anciens ou nouveaux, les visiteurs et les artistes peuvent se rencontrer sans qu'il soit nécessaire d'appartenir à un groupe particulier.
Le Château dispose d'un cadre particulièrement adapté à ces formes de sociabilité. Son parc, ses terrasses, ses espaces ouverts et les futurs lieux de convivialité permettront d'accueillir ponctuellement de grands repas, des bals, des fêtes de saison ou des rendez-vous associés à la programmation artistique.
Le banquet pourra mettre en valeur des produits du territoire et créer des passerelles avec l'épicerie, le marché locavore ou la guinguette. Le bal pourra faire dialoguer répertoires populaires, musiques du monde, chansons, orchestres, artistes invités ou pratiques amateurs. Leur forme pourra changer ; l'essentiel restera la possibilité d'être ensemble sans séparation rigide entre scène et public.
Ces événements peuvent également devenir des temps de transmission. Des habitants peuvent apporter une recette, une chanson, une histoire, une danse ou une mémoire du territoire. Des artistes en résidence peuvent y présenter une étape de travail. Un événement annuel peut progressivement devenir un rituel partagé.
Cette dimension revêt une importance particulière dans l'histoire du Château. Après avoir longtemps constitué un domaine privé, le site a connu au XXe siècle des usages sociaux, de repos et de vacances collectives avant de connaître plusieurs années de fermeture. Réinstaller des formes simples de convivialité dans ces espaces contribue symboliquement à rouvrir le domaine.
Le projet ne cherche donc pas à faire du Château une succession d'événements spectaculaires. Il s'agit aussi de ménager des rendez-vous où la culture reprend sa signification la plus quotidienne : manger ensemble, écouter, danser, discuter, reconnaître des visages et construire peu à peu une mémoire commune.
« De longues tables, un peu de musique, et une raison de plus de se retrouver. »
Activité 08
Résidences d'artistes
Théâtre, cinéma, arts numériques et formes interdisciplinaires trouveront au Château un espace de recherche, de création et de rencontre. Les résidences offriront aux artistes du temps pour travailler tout en favorisant, lorsque les projets s'y prêtent, des échanges avec les habitants et les autres activités du lieu.
Accueillir un artiste en résidence, ce n'est pas seulement lui mettre un espace de travail à disposition. C'est lui offrir du temps, un contexte, des rencontres et la possibilité de déplacer son regard. Depuis ses premières formulations, le projet du Château fait de la résidence artistique l'un de ses dispositifs structurants, en particulier autour du théâtre, du cinéma et de l'audiovisuel, avant de l'élargir progressivement aux arts numériques, aux formes interdisciplinaires et aux croisements entre art, sciences et écologie.
Le domaine offre pour cela un milieu singulier. Bâtiments patrimoniaux, parc arboré, rivière, centre ancien et territoire rural en transformation constituent autant de matières possibles pour la création. Les artistes pourront venir y écrire, répéter, chercher, fabriquer ou expérimenter, dans des temporalités suffisamment longues pour que le lieu ne soit pas réduit à un simple décor.
Les résidences pourront concerner des compagnies professionnelles, des auteurs, cinéastes, plasticiens, artistes numériques, chercheurs-créateurs ou collectifs associant plusieurs disciplines. Certaines auront besoin de retrait ; d'autres trouveront au contraire leur sens dans la rencontre avec les habitants, des écoles, des associations, des professionnels ou d'autres usagers du Château.
Cette relation au public ne sera pas pensée comme une obligation de produire immédiatement un spectacle achevé. Une répétition ouverte, une discussion autour d'un travail en cours, une projection, une installation dans le parc, un atelier ou un repas partagé peuvent constituer des formes de rencontre tout aussi fécondes.
Le projet défend ainsi une conception de la culture qui ne se limite pas à la diffusion d'œuvres terminées. Donner à voir le travail, les hésitations, les recherches et les processus de fabrication permet de mieux comprendre ce que créer veut dire. Pour les artistes, ces échanges offrent également un autre rapport au territoire que celui d'une simple venue ponctuelle.
À terme, les différentes composantes du site doivent permettre de réunir espaces de travail, lieux de présentation, ressources techniques et possibilités d'accueil adaptées aux résidences. Cette organisation sera nécessairement progressive, au rythme de la réhabilitation des bâtiments.
Les résidences participeront enfin à la circulation des savoirs au sein du Château. Un artiste accueilli pourra croiser un atelier écologique ; une compagnie de théâtre travailler avec les outils du pôle Médias ; une recherche numérique se déplacer dans le parc ; une œuvre trouver sa forme au contact d'un habitant ou d'une mémoire locale.
C'est cette porosité qui distingue la résidence d'un simple hébergement professionnel. Le Château souhaite devenir un milieu de travail où le séjour produit des relations autant que des œuvres, et où la présence artistique contribue durablement à la vie du lieu.
« Offrir du temps, pas seulement un espace de travail. »
Activité 09
Ateliers autour de la transition énergétique
Comprendre avant d'agir : les ateliers permettront d'explorer concrètement sobriété, rénovation, énergie, eau, matériaux ou confort d'été. Le Château et sa transformation deviendront eux-mêmes un terrain d'expérimentation pour rendre les enjeux écologiques accessibles, observables et partageables.
La transition énergétique peut rapidement devenir une question abstraite, saturée de chiffres, de normes et de solutions techniques. Les ateliers du Château chercheront au contraire à la ramener à des situations compréhensibles, observables et expérimentables : comment un bâtiment conserve-t-il la chaleur ou la fraîcheur ? D'où vient l'énergie que nous consommons ? Comment réduire un besoin avant de chercher à produire davantage ? Quels gestes, matériaux ou équipements peuvent réellement changer nos pratiques ?
L'ambition est de faire du domaine lui-même un terrain d'apprentissage. La rénovation progressive d'un ensemble patrimonial, la gestion de bâtiments de différentes époques, les besoins énergétiques des activités, l'eau, les sols et les ressources du parc offrent un laboratoire grandeur nature pour comprendre les arbitrages d'une transition écologique située.
Les ateliers pourront associer démonstrations, manipulations, petits prototypes, visites commentées et retours d'expérience. Ils pourront s'adresser aussi bien aux enfants qu'aux habitants, associations, professionnels ou groupes en formation, avec un degré de technicité adapté à chaque public.
La question énergétique sera abordée dans son environnement plus large : sobriété des usages, rénovation du bâti, confort d'été dans un territoire exposé aux fortes chaleurs, réemploi des matériaux, gestion de l'eau, déchets organiques, mobilités, production renouvelable lorsque celle-ci est pertinente. Cette approche permet d'éviter de réduire la transition à l'achat d'une technologie nouvelle.
Le projet du Château s'est construit autour d'une idée d'« écologie des usages » : ce sont aussi nos manières d'occuper un espace, de partager un équipement ou de mutualiser une ressource qui déterminent son empreinte. Un lieu utilisé par plusieurs personnes et plusieurs activités peut parfois être plus sobre qu'une addition d'équipements individuels.
Les interventions pourront faire appel à des praticiens, chercheurs, artisans, associations ou acteurs engagés dans la transition. Le Château ne se positionne pas comme détenteur de solutions définitives, mais comme espace où des connaissances peuvent être confrontées, testées, rendues accessibles et discutées.
Cette démarche rejoint le principe général du tiers-lieu : apprendre en faisant. Un atelier doit pouvoir déboucher sur une compréhension nouvelle, mais aussi sur un geste réalisable, une méthode, une capacité à mieux évaluer une solution ou simplement à poser de meilleures questions.
Ainsi, la transition énergétique ne constituera pas un volet spécialisé isolé de la vie du Château. Elle traversera progressivement la rénovation, les activités quotidiennes et la manière même dont le site sera exploité, afin que les choix techniques deviennent aussi des occasions de transmission.
« La sobriété commence par une bonne question, pas par un achat. »
Activité 10
Déambulations champêtres
Suivre un chemin, observer un arbre, écouter le parc, découvrir une histoire ou une œuvre : les déambulations inviteront à ralentir et à regarder autrement le domaine. Art, botanique, patrimoine et écologie pourront s'y rencontrer au gré des saisons et des propositions imaginées sur place.
Le parc du Château n'est pas seulement un écrin autour des bâtiments. Avec ses quelque cinq hectares et demi, ses nombreuses essences d'arbres, ses anciens cheminements, ses clairières, ses traces d'usages agricoles et la présence de la Bénovie, il constitue un lieu à part entière. Les déambulations champêtres sont une invitation à le découvrir autrement qu'en le traversant.
Certaines promenades pourront être simplement contemplatives. D'autres prendront la forme d'explorations botaniques, historiques ou écologiques. D'autres encore pourront être guidées par un artiste, une création sonore, une performance, un récit, une installation ou un dispositif numérique discret.
Le projet a depuis ses origines imaginé des « explorations écologiques scientifico-bucoliques » et des installations artistiques disséminées dans le parc. Cette formule résume assez bien l'esprit recherché : associer la connaissance et la curiosité, sans transformer la promenade en cours magistral ni le paysage en parc d'attractions.
Une déambulation pourra ainsi partir d'un arbre, d'une trace d'eau, d'un insecte, d'une ancienne construction ou d'une mémoire du domaine pour ouvrir une histoire plus large. Les sciences naturelles y croiseront parfois l'histoire locale ; l'art pourra déplacer le regard ; des habitants pourront contribuer à documenter les transformations du parc.
Cette ouverture devra cependant conserver une règle essentielle : rendre le parc accessible sans l'épuiser. Certains secteurs pourront accueillir des usages relativement intenses tandis que d'autres devront rester plus tranquilles ou être temporairement protégés. Les cheminements constituent à cet égard autant une manière d'accueillir le public qu'un moyen de préserver les espaces sensibles.
Les déambulations pourront changer avec les saisons. Un même chemin n'offre ni les mêmes couleurs, ni les mêmes sons, ni les mêmes observations en avril, en juillet ou en novembre. Cette temporalité du vivant est précisément l'une des expériences que le Château souhaite rendre perceptible.
L'enjeu est finalement très simple : apprendre à regarder. Là où l'on ne voyait qu'un parc, découvrir un milieu ; là où l'on ne voyait qu'un arbre, comprendre une histoire ; là où l'on ne faisait que passer, trouver une raison de ralentir.
« Ralentir suffit parfois à tout changer. »
Activité 11
Cabanes & habitats réversibles
Quelques cabanes, Kerterres et habitats légers pourraient progressivement prendre place dans le parc. Construits notamment lors de stages d'éco-construction, ils formeraient un cercle vertueux entre apprentissage, expérimentation et hospitalité, en accueillant artistes, chercheurs et visiteurs de passage.
Quelques habitats légers pourraient prendre place dans le parc, avec une ambition simple : permettre d'y séjourner sans l'occuper durablement. Cabanes dans les arbres, Kerterres ou autres microarchitectures démontables seraient pensées comme des présences discrètes, sobres et réversibles, capables de dialoguer avec le paysage plutôt que de s'y imposer.
Ces constructions pourraient devenir l'un des supports concrets de l'apprentissage écologique proposé au Château. Des stages d'initiation et de formation à l'éco-construction permettraient d'expérimenter collectivement différentes techniques : terre et fibres végétales, matériaux biosourcés ou réemployés, structures légères, conception bioclimatique, assemblages démontables ou solutions low-tech.
Le chantier deviendrait ainsi un espace de transmission où l'on apprend en faisant, en comprenant les matériaux, les ressources mobilisées et les choix constructifs. Les réalisations issues de ces stages ne seraient pas de simples exercices pédagogiques : lorsqu'elles répondraient aux conditions techniques, réglementaires et écologiques nécessaires, elles pourraient progressivement rejoindre les usages du lieu.
Un cercle vertueux pourrait alors se construire : apprendre à concevoir et bâtir sobrement, produire collectivement des habitats réversibles, les habiter, observer leur fonctionnement, les entretenir, les améliorer, puis transmettre à nouveau les connaissances acquises.
Ces petites unités pourraient accueillir successivement des artistes ou intervenants en résidence, des scientifiques engagés dans des démarches de recherche-action, des participants à certains programmes du Château ou simplement des visiteurs souhaitant séjourner quelques jours au plus près du parc.
L'hébergement deviendrait ainsi le prolongement des activités culturelles, écologiques et pédagogiques du tiers-lieu, plutôt qu'une offre touristique fonctionnant séparément.
Certaines constructions pourraient également développer des usages particuliers : refuge d'écriture, observatoire du vivant, petite unité de recherche, lieu d'écoute ou de contemplation. Leur caractère temporaire et adaptable permettrait de faire évoluer leurs fonctions au fil des projets, des saisons et des besoins.
Cette approche rejoint l'idée d'un habitat apprenant : une architecture dont les principes restent visibles et compréhensibles. Orientation bioclimatique, matériaux naturels, structures démontables, réemploi ou dispositifs simples de gestion des ressources deviennent ainsi autant de supports permettant de mieux comprendre la manière dont nous construisons et habitons.
L'enjeu n'est donc pas de multiplier les hébergements dans le parc, mais d'y installer progressivement quelques formes d'hospitalité à faible empreinte, conçues, construites et améliorées collectivement.
Construire pour apprendre, apprendre pour accueillir, accueillir pour continuer à expérimenter : les habitats réversibles pourraient ainsi devenir l'un des laboratoires vivants du Château.
« Rien n'est fixé : tout reste démontable, y compris les usages. »