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Gouvernance du tiers-lieu
La gouvernance partagée
Un tiers-lieu ne se gouverne pas comme une entreprise, ni comme une collectivité : voici comment le Château de Boisseron a choisi de répartir le pouvoir de décider entre celles et ceux qui le font vivre.
Dernière mise à jour : octobre 2026.
Une coopérative, pas une entreprise classique
Le Château de Boisseron sera porté, à terme, par une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) qui prendra la suite de l'association Le Château. Dans une SCIC, le pouvoir ne se mesure pas au capital détenu : chaque sociétaire — qu'il ait investi cent euros ou dix mille — dispose d'une seule voix en assemblée générale. C'est cette règle, bien plus que les statuts eux-mêmes, qui façonne l'esprit du lieu : décider ensemble, pas décider en proportion de ce qu'on a mis sur la table.
La loi impose à une SCIC de réunir au moins trois catégories distinctes de sociétaires, appelées collèges. Pour le Château, c'est surtout un choix assumé : faire siéger autour de la même table des publics qui, ailleurs, ne se croisent jamais.
Les cinq collèges de sociétaires
La SCIC du Château réunira cinq collèges, chacun représentant une façon différente d'être lié au lieu :
- Fondateurs
- les porteurs historiques du projet, dont l'association Le Château elle-même, appelée à devenir sociétaire fondateur de la coopérative.
- Usagers et bénéficiaires
- celles et ceux qui pratiquent, visitent ou bénéficient des activités du tiers-lieu.
- Salariés et bénévoles actifs
- les personnes qui font tourner le Château au quotidien.
- Partenaires publics et institutions
- la commune de Boisseron et les autres partenaires institutionnels du projet.
- Structures associées ou coopératives contributrices
- les pôles et organisations qui développent une activité au sein du tiers-lieu.
L'assemblée générale et le conseil coopératif
L'assemblée générale réunit l'ensemble des sociétaires, tous collèges confondus, selon le principe une personne, une voix — pondéré collège par collège, afin qu'aucun d'entre eux ne puisse, à lui seul, emporter toutes les décisions. Elle élit le conseil coopératif, l'équivalent d'un conseil d'administration, chargé du pilotage stratégique entre deux assemblées. Le conseil coopératif peut à son tour déléguer certains sujets à des cercles de gouvernance thématiques, plutôt que de tout faire remonter à une seule instance.
Les cercles de gouvernance thématiques
Quatre cercles rassemblent, pour chaque sujet, les personnes les plus directement concernées : la stratégie globale du projet, la régulation des usages du lieu, la mutualisation des ressources entre pôles, et le budget. Cette organisation en cercles évite qu'une décision touchant, par exemple, le planning des salles doive systématiquement attendre la prochaine réunion du conseil coopératif.
Le conseil de la Friche
Extérieur aux circuits de décision courants, le conseil de la Friche joue un rôle de conscience critique du projet. Composé de personnalités indépendantes, il veille à ce que le Château ne s'éloigne pas, au fil de sa croissance, de la mission qui l'a fait naître — une forme de garde-fou contre la dérive progressive qui menace souvent les projets qui réussissent.
Le comité d'agrément et d'éthique
Ce comité examine les candidatures des futurs sociétaires et arbitre les conflits d'intérêts qui pourraient survenir entre collèges ou entre activités du lieu.
Des repères qui évoluent avec le lieu
Trois documents encadrent la vie coopérative du Château : une charte de confiance, un pacte coopératif et un cadre d'usage évolutif. Ce ne sont pas des règlements figés, mais des textes vivants, destinés à être révisés au fur et à mesure que le projet grandit et que l'expérience du lieu s'affine.
Pour aller plus loin, la FAQ du Château répond aux questions les plus courantes sur l'organisation du tiers-lieu, et la page Modèle économique & cadre juridique détaille la façon dont ce fonctionnement s'articule avec le financement du projet.