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Pistes & ateliers

Les pistes de fabrication, les laboratoires du vivant, les ressources partagées et L'Atelier des formes : le détail de travail qui prolonge Faire vivre le Château, pour le moment réservé aux membres.

Des ressources qui se complètent

Des activités qui se renforcent, des ressources qui se complètent

Au Château, les activités ne fonctionnent pas chacune de leur côté. Elles sont pensées pour se nourrir mutuellement : une activité génère des ressources, développe des compétences, produit des contenus ou dégage des moyens financiers qui bénéficient à d'autres, lesquelles contribuent à leur tour à faire vivre l'ensemble du lieu.

C'est cette circulation qui crée des cercles vertueux. Une résidence peut donner naissance à une édition ; un équipement du Studio médias sert à la fois à un atelier et à une prestation pour le territoire ; une recherche soutenue dans le cadre d'un projet nourrit une restitution publique, qui fait émerger de nouvelles questions ou de nouveaux partenaires.

Ventes, ateliers, prestations, financements de projets et participation des habitants contribuent ainsi, chacun à leur manière, au fonctionnement du Château. À ces ressources financières s'ajoutent des ressources tout aussi importantes : des espaces mutualisés, des outils partagés, des compétences, du temps donné et des coopérations entre activités.

Aucune activité n'a vocation à financer seule le fonctionnement du Château. C'est leur complémentarité qui renforce progressivement l'équilibre du projet. Une activité peut générer directement des recettes, une autre attirer des publics, une troisième produire des contenus ou des compétences utiles aux autres.

Cette circulation interne ne crée évidemment pas plusieurs fois la même recette : des champignons cultivés au Château puis cuisinés à la guinguette, par exemple, ne sont comptabilisés qu'une seule fois dans les recettes globales du domaine. Le cercle vertueux vient de la valeur ajoutée créée entre les activités, pas d'un double comptage des flux.

Voici quatre exemples de ces cercles vertueux, parmi d'autres :

Une résidence → Une édition → Le Hameau des bouquinistes

Une résidence donne naissance à une édition qui trouve ensuite sa place au Hameau des bouquinistes. Sa diffusion fait connaître le travail de l'artiste, attire de nouveaux publics et peut, à son tour, susciter une nouvelle résidence ou un nouveau projet éditorial.

Le Studio médias → Un atelier → Une réalisation pour le territoire

Les équipements et les compétences du Studio servent à des ateliers ouverts aux habitants, mais aussi à des réalisations pour des associations, des collectivités ou d'autres acteurs du territoire. Les recettes de ces prestations contribuent ensuite à entretenir les outils communs et à développer de nouvelles activités.

Une recherche → Un soutien de projet → Une restitution publique

Une recherche réunit des partenaires, des financements et des moyens partagés. Elle aboutit à une restitution publique qui transmet les résultats, élargit le cercle des personnes impliquées et peut faire émerger de nouvelles questions à explorer.

Un stage de survivologie → Un équipement à réparer ou fabriquer → L'Atelier des formes

Un stage de survivologie fait remonter un équipement à réparer ou à fabriquer ; L'Atelier des formes lui donne corps. Le matériel ainsi produit sert aux stages suivants, qui à leur tour feront remonter de nouveaux besoins.

Ce qui suit prolonge les « quatre manières d'entrer » présentées sur Faire vivre le Château : les pistes concrètes de fabrication, les laboratoires du vivant et les ressources qui pourraient les relier entre elles.

Des outils et des pratiques à partager

Des pistes encore à développer

Les propositions qui suivent sont des pistes à explorer, pas des activités disponibles aujourd'hui. Leur développement dépendra des usages réels, des compétences réunies et des coopérations qui se construiront, à des rythmes différents selon les pistes.

Studio médias et arts numériques

Studio audiovisuel, numérisation du patrimoine, mapping : des outils pour enregistrer, documenter et créer des images, en lien avec le cinéma, les résidences et le territoire.

Studio médias et productions audiovisuelles Enregistrer des voix, fabriquer des images et partager des récits.
Un enregistrement en cours au Studio médias, dans le parc du Château

Enregistrer une voix, réaliser un entretien, monter un film court ou créer un paysage sonore : un studio léger pourrait soutenir les pratiques de création et de transmission du Château. Ses outils, en partie mobiles, pourraient aussi accompagner des projets d'associations, de collectivités et d'autres acteurs du territoire.

Passer derrière une caméra ou un microphone change la manière de regarder ce que l'on voit et entend. Le studio pourrait prolonger l'ancrage du Château dans le cinéma et les médias en donnant aux publics la possibilité de fabriquer eux-mêmes des images et des récits.

Les moyens seraient réunis progressivement autour des usages : enregistrer, photographier, monter et préparer une diffusion. Une partie pourrait rester mobile pour travailler dans le parc, une école, chez un producteur ou lors d'un événement. Le studio serait autant un ensemble d'outils qu'un espace de travail.

Les activités d'éducation aux médias pourraient s'appuyer sur cette pratique. Choisir un cadre, préparer une question, vérifier une information ou construire un montage rendrait visibles les décisions qui composent un récit. L'apprentissage pourrait partir d'une situation proche avant d'ouvrir des questions plus larges.

Des artistes en résidence pourraient utiliser ces moyens pour des créations sonores, des essais ou des documents de travail. Le cinéma en plein air pourrait aussi rencontrer les productions du studio, à travers une présentation, un échange ou une découverte du processus de fabrication.

Le studio pourrait réaliser certaines prestations pour des acteurs du territoire : entretiens, podcasts, photographies ou documents audiovisuels adaptés à un besoin précis. Ces projets seraient dimensionnés selon les compétences disponibles et contribueraient au fonctionnement de l'outil commun.

Les transformations du Château pourraient enfin y trouver une mémoire : paroles d'habitants, étapes de travaux, recherches et observations. Le studio permettrait de conserver ces traces tout en ouvrant un espace où chacun peut apprendre à donner une forme à ce qu'il souhaite raconter.

Cette piste pourrait rencontrer…

Le cinéma en plein air pourrait accueillir certaines restitutions du Studio.

Les résidences d'artistes pourraient nourrir ses créations sonores et visuelles.

L'atelier Imprimer, éditer, façonner pourrait prolonger ses récits sous une autre forme.

Patrimoine et numérisation 3D Observer et représenter les formes du patrimoine pour mieux les partager.

Observer un objet, relever une forme, documenter un espace : la numérisation 3D pourrait ouvrir de nouvelles manières de travailler sur le patrimoine du Château et du territoire. Modèles, images et restitutions seraient envisagés comme des supports de connaissance, de création et de médiation, à partir de projets précis et de compétences réunies.

Un détail de bâtiment ou un objet devient parfois plus lisible lorsque l'on prend le temps d'en suivre la forme. La numérisation 3D pourrait prolonger cette attention en produisant une représentation que l'on peut examiner, comparer ou utiliser dans un travail de création.

Les premiers projets porteraient sur des sujets limités, choisis pour leur intérêt et leur faisabilité. Ils pourraient être menés avec des personnes disposant des compétences nécessaires, avant d'envisager des moyens permanents au Château. Le type de relevé serait défini par ce que l'on souhaite comprendre ou transmettre.

Une représentation numérique pourrait accompagner une ressource, une visite ou une recherche artistique. Elle permettrait de montrer un détail, d'explorer un volume ou de préparer un support pédagogique. Sa qualité et ses limites devraient rester explicites : tous les relevés ne répondent pas aux mêmes usages.

Le studio, les ateliers de fabrication et les résidences pourraient trouver dans ces modèles de nouvelles matières de travail. Une forme relevée pourrait nourrir une image, une maquette ou une interprétation artistique, avec une distinction claire entre documentation et création.

Des projets pour des associations, collectivités ou autres acteurs du patrimoine pourraient être envisagés lorsque les moyens le permettent. Ils seraient construits à partir d'une demande précise et ne seraient pas présentés comme un service disponible avant que les compétences et l'organisation soient confirmées.

L'intérêt de cette piste serait de rendre un patrimoine plus accessible au regard et à la discussion. Les outils numériques aideraient à approfondir une rencontre avec le lieu, tout en conservant la place de l'observation, du contexte et des savoirs qui donnent sens à une forme.

Cette piste pourrait rencontrer…

Le Studio médias pourrait accompagner la préparation de certaines images.

Les déambulations champêtres pourraient s'enrichir de ces relevés pour leur médiation.

Les résidences d'artistes pourraient s'en saisir pour une interprétation créative.

La Scénographie, exposition & patrimoine pourrait donner une forme matérielle à certains relevés.

Mapping et créations projetées Faire dialoguer des images projetées avec une architecture.
Une création en mapping projetée sur une façade du Château, lors d'une séance de cinéma en plein air

Une image pourrait épouser une façade, un objet ou un espace pour en proposer une lecture temporaire. Le mapping offrirait au Château une piste de création associant projection, récit et travail du lieu, dans des formes adaptées à son environnement et développées avec des artistes et techniciens compétents.

Projeter une image sur une surface change la manière dont on la regarde. Un détail apparaît, une forme se déplace, un récit rencontre une architecture. Le mapping pourrait explorer cette relation au Château, sans demander au domaine de devenir en permanence un décor de spectacle.

Les premiers essais pourraient prendre place sur des supports limités, à l'occasion d'une recherche ou d'une résidence. Le choix d'une surface, d'une durée et d'un dispositif se construirait avec les personnes compétentes, en fonction des possibilités techniques et des conditions d'accueil.

Les contenus pourraient naître d'images, d'archives, de dessins ou de récits travaillés sur place. Une création donnerait alors une forme passagère à une histoire, une question ou une observation, plutôt qu'un habillage identique pour tous les espaces.

Le studio médias pourrait accompagner la préparation de certaines images. Des ateliers permettraient de découvrir les étapes d'une projection située : composer, ajuster, essayer et comprendre comment une image rencontre un volume. Cette pratique pourrait dialoguer avec le cinéma et les arts numériques.

Toute présentation dans le parc ou à proximité des bâtiments demanderait une attention aux usages voisins, à la lumière et aux milieux vivants. La fréquence et la durée feraient partie des choix de création. Certaines réalisations pourraient ensuite nourrir des coopérations avec des acteurs du territoire.

Cette piste trouverait son intérêt dans la précision d'une rencontre entre une œuvre et un endroit. Une projection pourrait aider à regarder autrement ce que l'on connaît, puis laisser au lieu sa présence ordinaire lorsque l'image s'éteint.

Cette piste pourrait rencontrer…

Le Studio médias pourrait préparer certaines images projetées.

Le cinéma en plein air pourrait accueillir des rencontres autour de la projection.

Les résidences d'artistes pourraient nourrir ces créations.

La Scénographie, exposition & patrimoine pourrait fabriquer certains supports de projection.

Fabrication utile et petites séries

Bois, réemploi, céramique, savons et cosmétiques : des objets utiles et des petites séries, conçus avec des artistes et artisans à partir des besoins et des recherches du lieu. L'impression, le textile et la scénographie, savoir-faire plus structurants, sont désormais réunis dans L'Atelier des formes.

Atelier bois et réemploi Réparer, assembler et fabriquer les objets dont le lieu a besoin.
Un meuble réparé et un autre fabriqué à l'atelier bois et réemploi du Château

Réparer une chaise, fabriquer un présentoir, construire une jardinière ou préparer une signalétique : l'atelier bois et réemploi pourrait partir des besoins concrets du Château. Gestes artisanaux et outils de fabrication permettraient de concevoir des objets utiles, d'apprendre ensemble et de prolonger la vie des matières déjà disponibles.

Un lieu qui accueille du public a besoin de tables, d'étagères, de panneaux et de nombreux objets moins visibles. Une partie de ces besoins pourrait devenir le point de départ d'un atelier où l'on prend le temps de dessiner, réparer, assembler et comprendre ce que l'on fabrique.

Le travail commencerait par des réalisations simples, adaptées aux compétences et aux moyens réunis. Une réparation ou un rangement pourrait offrir une première expérience ; un mobilier d'exposition ou un équipement pour le parc pourrait demander une coopération plus longue. L'usage guiderait le choix des outils.

Des bois récupérés, des meubles anciens ou certaines matières issues de travaux pourraient trouver une nouvelle place lorsque leur état le permet. Examiner un objet avant de le remplacer serait aussi une manière de conserver une part de son histoire et de mieux comprendre les ressources que l'on mobilise.

Des ateliers permettraient aux habitants et aux groupes accueillis de participer à ces fabrications. Mesurer, assembler, essayer puis ajuster donnerait une expérience concrète du travail commun. Les réalisations pourraient dialoguer avec les ateliers énergétiques, les pratiques de sobriété et les besoins du parc.

Certaines commandes pour des associations ou d'autres acteurs du territoire pourraient compléter ces usages. Les méthodes et les plans produits sur place pourraient aussi être documentés, afin qu'une réalisation serve à d'autres ou puisse être réparée plus facilement.

L'atelier trouverait ainsi sa place dans la vie quotidienne du Château. Fabriquer ce qui manque, prendre soin de ce qui existe et partager les gestes nécessaires donneraient un contenu très concret à la capacité de faire ensemble.

Cette piste pourrait rencontrer…

Les ateliers transition énergétique pourraient partager leurs réflexions sur des usages plus sobres.

Cabanes & habitats réversibles pourrait nourrir des recherches constructives communes.

Les déambulations champêtres pourraient bénéficier d'équipements fabriqués pour le parc.

Céramiques et éditions d'artistes Relier le geste d'un artiste aux objets que l'on utilise chaque jour.

Une tasse, un bol, une plaque ou un objet pour le jardin pourraient naître de collaborations avec des céramistes et artistes invités. Ces petites séries relieraient création et usages quotidiens, tout en ouvrant des occasions de découverte et de pratique, à partir des équipements et des coopérations réellement disponibles.

Certains objets se regardent au moment où l'on s'en sert. Une tasse sur une table ou une plaque dans le jardin peuvent conserver la trace d'un geste, d'un dessin et d'une personne. La céramique pourrait trouver au Château cette proximité entre création et usage.

L'activité serait d'abord envisagée à travers des collaborations ponctuelles. Un artiste ou un artisan pourrait proposer une série liée à une résidence, une recherche sur le parc ou un événement. Chaque projet aurait sa forme propre, sans demander immédiatement une production permanente.

Les différentes étapes pourraient être réparties entre le Château et des ateliers partenaires. Le modelage ou certains décors pourraient se pratiquer sur place, tandis que d'autres opérations seraient réalisées ailleurs selon les moyens et les savoir-faire nécessaires. Cette organisation permettrait de commencer par la coopération.

Des ateliers pourraient donner à découvrir les matières, les formes et les gestes. Essayer un volume, reprendre une pièce ou comparer des surfaces offrirait une expérience du temps de fabrication, différente de la rencontre avec un objet déjà terminé.

Certaines réalisations pourraient être utilisées à la guinguette, accompagner une déambulation ou être proposées lors du marché et à l'épicerie. Ces usages permettraient d'éprouver les objets autant que de les montrer, et de prolonger la relation avec les personnes qui les ont conçus.

Au fil des collaborations, le Château pourrait se peupler de pièces familières. Leur présence raconterait une création sans l'isoler de la vie quotidienne : un objet que l'on retrouve, dont on connaît parfois l'auteur et qui continue de servir.

Cette piste pourrait rencontrer…

Une résidence d'artiste pourrait donner naissance à une série de pièces.

La guinguette musicale pourrait utiliser certains objets au quotidien.

Le marché locavore pourrait accueillir leur diffusion.

Savons et cosmétiques du Château Imaginer avec des artisans des objets de soin liés à l'univers du lieu.
Savons et cosmétiques façonnés avec des artisans, dans l'esprit du Château

Quelques savons ou objets de soin pourraient former une petite collection conçue avec des artisans et professionnels qualifiés. Matières, formes, parfums et images permettraient de relier un usage quotidien à l'univers du Château, dans une démarche attentive à la fabrication, à la simplicité des produits et aux collaborations qui leur donnent naissance.

Un savon tient dans la main, accompagne un geste familier et disparaît peu à peu à mesure qu'on l'utilise. Cet objet simple pourrait devenir au Château un support de rencontre entre savoir-faire artisanal, création graphique et attention portée aux matières du quotidien.

La première étape pourrait consister à concevoir quelques références avec des professionnels disposant des compétences nécessaires. Le choix d'un produit, de sa forme ou de son emballage ferait l'objet d'un travail commun. Une collection pourrait commencer ainsi, sans installer d'emblée un atelier complet de fabrication sur le domaine.

Le parc, les saisons ou une recherche artistique pourraient nourrir cette conception. Il ne s'agirait pas de prétendre que tous les ingrédients viennent du Château, mais de trouver une relation juste entre l'objet et le lieu : une image, une couleur, une forme ou une collaboration dont on puisse raconter l'origine.

Ces produits pourraient être proposés à l'épicerie, lors du marché ou à l'occasion d'un événement. Leur diffusion permettrait de prolonger la relation avec les artisans et de faire circuler certaines créations. Les premières séries aideraient à comprendre quels objets trouvent réellement un usage et méritent d'être poursuivis.

Des rencontres ou ateliers pourraient accompagner la démarche lorsque les conditions le permettent. Découvrir les étapes de conception et de fabrication donnerait l'occasion d'interroger ce que l'on utilise chaque jour, les choix qui le composent et le travail des personnes qui le réalisent.

L'intérêt de cette piste tiendrait à la mesure de son développement. Quelques produits bien conçus pourraient suffire à créer une relation durable entre un geste ordinaire, un savoir-faire et la vie du Château, sans multiplier les références pour elles-mêmes.

Cette piste pourrait rencontrer…

Le marché locavore pourrait être l'occasion de rencontrer les artisans associés.

L'épicerie coopérative pourrait, un jour, envisager leur diffusion.

Une résidence d'artiste pourrait nourrir leur création graphique.

Laboratoires du vivant

Champignonnière, pépinière, fermentations : des productions concrètes, aux pratiques déjà bien identifiées, pensées comme des occasions d'apprendre autant que de récolter.

Champignonnière expérimentale Découvrir la culture des champignons, de la matière à la récolte.
Récolte de champignons cultivés à la champignonnière expérimentale du Château

À l'abri de la lumière, dans un espace adapté du Château, une petite champignonnière pourrait devenir un lieu de production, d'expérimentation et de découverte. Cultiver quelques espèces permettrait de relier alimentation, observation du vivant et transmission, tout en explorant les relations entre une récolte, son milieu et les matières qui la rendent possible.

Avant le champignon que l'on récolte, il y a un vivant que l'on voit peu. La champignonnière pourrait donner à découvrir cette présence discrète, depuis la préparation d'une culture jusqu'à l'apparition des premières fructifications. Observer ce travail serait une autre manière d'entrer dans les questions écologiques du Château.

L'activité serait envisagée à une échelle modeste, dans un espace dont les conditions pourraient être suivies avec soin. Le choix des espèces, des matières et des méthodes se construirait avec des personnes compétentes, à partir des possibilités réelles du lieu. Les premiers essais permettraient d'apprendre avant de chercher à produire régulièrement.

Une partie des récoltes pourrait être proposée à l'épicerie ou cuisinée à la guinguette. Un produit cultivé sur place donnerait alors une forme concrète aux liens entre les espaces de production et les lieux où l'on mange, achète ou se rencontre. Ces débouchés se préciseraient à partir des quantités et des usages effectivement possibles.

Des ateliers pourraient permettre de comprendre les étapes d'une culture, de comparer des observations et de découvrir le rôle des champignons dans les milieux vivants. Habitants, groupes et personnes en formation pourraient y trouver une expérience à la fois sensible et pratique, attentive aux gestes comme aux questions qu'ils soulèvent.

Les matières utilisées et ce qu'elles deviennent après la récolte pourraient également faire l'objet d'un suivi. Leur éventuel réemploi demanderait des essais propres, sans supposer que tout peut trouver immédiatement un nouvel usage. Les observations pourraient rejoindre les ressources pédagogiques du Château et nourrir d'autres recherches du domaine.

La champignonnière trouverait ainsi sa place entre une petite production alimentaire et un apprentissage plus large. Elle permettrait de rendre visible une transformation, de partager un savoir-faire et de suivre ce qui se passe dans une matière que l'on regarde rarement.

Cette piste pourrait rencontrer…

La guinguette musicale pourrait cuisiner une partie des récoltes.

Les fermentations pourraient explorer d'autres transformations alimentaires.

Les mycomatériaux resteraient une recherche distincte, sur les matières plutôt que sur l'alimentation.

Pépinière du vivant Semer, multiplier et suivre les plantes, du parc aux jardins.

Semer, bouturer, observer puis planter : une petite pépinière pourrait relier le parc du Château aux jardins du territoire. Quelques collections adaptées aux conditions locales permettraient de partager des gestes, de suivre des expériences et de proposer des plants accompagnés des connaissances progressivement acquises autour de leur culture.

Une plante commence souvent par un geste discret : déposer une graine, préparer une bouture, attendre une reprise. La pépinière pourrait permettre de suivre ce chemin, depuis les premières étapes de culture jusqu'à l'installation d'un plant dans le parc ou dans un autre jardin.

Les choix se construiraient à partir des conditions du lieu et des compétences réunies. Aromatiques, plantes méditerranéennes ou collections présentant un intérêt pour les jardins et les milieux locaux pourraient constituer des premiers ensembles. Il ne s'agirait pas de promettre une solution unique aux évolutions du climat, mais d'observer des réponses situées.

Le domaine offrirait un terrain pour suivre certaines plantations. Les réussites, les difficultés et les besoins d'entretien pourraient être notés et discutés dans un carnet d'observation partagé, qui donnerait une profondeur supplémentaire aux déambulations dans le parc.

Des ateliers de semis, de multiplication ou de plantation pourraient réunir habitants, jardiniers et intervenants. Ils permettraient de transmettre des gestes et de comparer des expériences, en laissant une place aux savoirs déjà présents sur le territoire.

Une partie des plants pourrait être proposée lors du marché, à l'épicerie ou à l'occasion de rendez-vous saisonniers. Leur circulation pourrait s'accompagner de fiches simples ou de rencontres, afin que le plant ne soit pas séparé des conditions dans lesquelles il a été choisi et cultivé.

La pépinière permettrait ainsi à une expérience du Château de se prolonger ailleurs. Un plant pourrait rejoindre un balcon ou un jardin, puis devenir à son tour l'occasion d'un échange, d'une observation ou d'un apprentissage partagé.

Cette piste pourrait rencontrer…

Les déambulations champêtres pourraient s'enrichir de ces observations.

Le marché locavore pourrait accueillir la circulation de certains plants.

Les couleurs du vivant pourraient partir de plantes choisies ensemble.

Fermentations et transformations alimentaires Explorer les transformations des aliments, les gestes et les goûts.
Préparation de fermentations et transformations alimentaires au Château, avec légumes et bocaux

Préparer, attendre, goûter et observer : les fermentations pourraient ouvrir un atelier autour des transformations alimentaires et des savoirs qui les accompagnent. Des intervenants compétents permettraient d'explorer quelques pratiques, de transmettre des gestes et d'envisager, progressivement, de petites productions en lien avec l'alimentation et les rencontres du Château.

Certaines préparations se construisent dans le temps, après les premiers gestes de cuisine. Un atelier de fermentation pourrait partir de cette expérience familière et parfois mal connue : suivre une transformation, comparer des résultats et comprendre les conditions qui la rendent possible.

Les premières propositions pourraient prendre la forme d'ateliers avec des personnes disposant des savoir-faire nécessaires. Quelques pratiques choisies permettraient de commencer simplement, avec une attention à la préparation, aux conditions de suivi et à la distinction entre démonstration pédagogique et production destinée à la vente.

Ces ateliers pourraient rencontrer les producteurs invités au marché, les usages de l'épicerie ou la cuisine de la guinguette. Un ingrédient du territoire deviendrait l'occasion de découvrir une préparation et son histoire, sans faire de la transformation une réponse automatique à tout surplus.

Les participants pourraient aussi partager des recettes et des souvenirs. Les pratiques alimentaires circulent entre familles, régions et générations ; les comparer permettrait de parler de goût, de gestes et de transmission autant que de technique.

Si les essais et les conditions de fonctionnement le permettent, quelques productions pourraient être développées avec des professionnels ou partenaires. Les quantités et les débouchés seraient définis à partir des usages réels. Les observations et les recettes travaillées pourraient rejoindre les ressources pédagogiques du Château.

La fermentation prendrait ainsi place dans une réflexion plus large sur l'alimentation. Elle donnerait à voir un travail souvent discret et permettrait de relier ce que l'on mange aux personnes, aux matières et au temps qui participent à sa préparation.

Cette piste pourrait rencontrer…

La guinguette musicale pourrait cuisiner certaines préparations.

Le marché locavore pourrait réunir les producteurs qui en parlent le mieux.

L'épicerie coopérative pourrait, un jour, en envisager la diffusion.

Pistes de recherche

Mycomatériaux, Sentinelles du vivant, couleurs du vivant : à la différence des laboratoires du vivant, ces pistes restent de véritables chantiers de recherche, dont les méthodes et les résultats sont encore à inventer.

Mycomatériaux et matières vivantes Explorer des matières fabriquées avec le mycélium.

Le Château pourrait explorer à petite échelle des matières élaborées avec du mycélium et des ressources végétales. Cette piste rapprocherait observation du vivant, design et fabrication, à travers des essais dont les usages resteraient à éprouver. Prototypes, ateliers et documentation permettraient de partager les questions autant que les résultats.

Fabriquer peut parfois commencer par laisser une matière se transformer. Les recherches autour du mycélium ouvrent cette possibilité : travailler avec un processus vivant pour essayer des formes et des assemblages. Le Château pourrait en faire un terrain d'exploration, avec des compétences adaptées.

Les premiers essais resteraient modestes. Une petite forme moulée, un élément de présentation ou une matière à comparer pourraient suffire à poser des questions concrètes. La préparation, le suivi et la stabilisation seraient autant d'étapes à comprendre avant d'envisager un usage.

Les outils de fabrication pourraient aider à concevoir certains moules ou supports. Une résidence pourrait apporter un regard artistique ou une recherche de design. La champignonnière, si elle se développe, offrirait un voisinage de pratiques, sans supposer que ses matières se prêtent automatiquement à ces expériences.

Chaque résultat demanderait à être observé pour ce qu'il permet réellement. Une forme intéressante ne devient pas à elle seule un objet durable ou un matériau destiné au bâtiment. Les essais conserveraient leur statut de recherche tant que leurs propriétés et leurs conditions d'usage ne seraient pas suffisamment établies.

Des ateliers et des ressources pourraient partager les étapes, les difficultés et les résultats. Documenter une tentative qui n'aboutit pas serait aussi utile que présenter une réussite, notamment pour comprendre le travail nécessaire derrière une matière nouvelle.

L'intérêt de cette piste tiendrait à la rencontre qu'elle rend possible entre savoirs du vivant et gestes de fabrication. Elle pourrait aider à poser autrement la question des matières que l'on utilise, en gardant le temps et l'incertitude nécessaires à une recherche.

Cette piste pourrait rencontrer…

La champignonnière offrirait un voisinage de pratiques, sans que ses matières soient automatiquement adaptées.

L'atelier bois et réemploi pourrait aider à concevoir certains moules ou supports.

Une résidence d'artiste pourrait apporter un regard de design.

Sentinelles du vivant Observer ensemble le domaine au fil des saisons.

Revenir sur un même chemin, noter une observation, comparer des récits : une démarche de Sentinelles du vivant pourrait réunir habitants et partenaires autour de l'évolution du domaine. Elle relierait les promenades, les ressources et les outils du Château, en construisant progressivement des manières communes d'observer et de partager ce que l'on apprend.

Un parc se transforme parfois de manière presque imperceptible. On remarque une floraison, un changement dans un chemin ou une présence que l'on n'avait pas vue auparavant. Les Sentinelles du vivant pourraient partir de ces observations ordinaires pour apprendre à revenir, à comparer et à poser des questions ensemble.

Le périmètre de la démarche serait défini avec les personnes et partenaires concernés. Quelques sujets précis permettraient de commencer : suivre un endroit au fil des saisons, documenter une plantation ou rassembler des observations déjà faites par les usagers. Les méthodes devraient rester compréhensibles et adaptées au temps disponible.

Des associations, naturalistes ou chercheurs pourraient apporter leurs connaissances lorsque des coopérations se construisent. La démarche distinguerait les impressions, les observations décrites et les résultats nécessitant une méthode plus spécialisée. Participer à une enquête ne signifie pas que toute donnée recueillie constitue une preuve scientifique.

Les outils du studio et de la fabrication pourraient soutenir ce travail : images prises à intervalles réguliers, récits enregistrés, supports d'observation ou dispositifs simples lorsque leur intérêt est établi. L'équipement viendrait répondre à une question, sans multiplier les instruments pour eux-mêmes.

La documentation des ateliers pourrait accueillir les traces de ces suivis et leurs restitutions. Des promenades ou rencontres permettraient de discuter ce qui a été observé, ce qui reste incertain et les nouvelles questions apparues. Les contributions des habitants y auraient une place identifiable.

Cette piste chercherait ainsi à inscrire l'attention au vivant dans la durée. Le Château pourrait devenir un lieu où l'on observe ensemble, où l'on conserve des traces et où l'on apprend à prendre soin d'un milieu à partir d'une connaissance partagée.

Cette piste pourrait rencontrer…

Les déambulations champêtres fourniraient un premier terrain d'observation.

Le Studio médias pourrait conserver certains récits et images sous forme de traces.

La pépinière du vivant pourrait partager ses propres observations de plantations.

L'atelier Prototyper pourrait concevoir certains boîtiers ou dispositifs d'observation simples.

Couleurs du vivant Suivre le passage d'une plante à une couleur, puis au papier ou au tissu.

Observer une feuille, découvrir une plante tinctoriale, essayer une teinte sur du papier ou du tissu : les couleurs du vivant pourraient relier le parc aux ateliers du Château. Cette recherche associant nature, création et gestes de fabrication permettrait de suivre le passage d'une matière à une couleur, puis à un objet.

Une couleur peut être regardée dans le paysage avant de devenir une matière de travail. Cette piste pourrait commencer par des promenades, des observations et des rencontres avec des personnes connaissant les plantes, les teintures ou les pratiques artistiques liées aux matières naturelles.

Quelques essais permettraient d'explorer des ressources choisies, cultivées ou apportées dans un cadre adapté. Le parc serait d'abord un milieu à observer et à préserver, pas une réserve de matières à prélever sans mesure. Le choix des ressources ferait partie de la recherche.

Des artistes et artisans pourraient accompagner le passage de la matière à la couleur. Comparer des nuances, suivre leur évolution ou essayer différents supports rendrait sensibles les conditions d'une fabrication qui ne produit pas toujours des résultats identiques.

L'atelier textile et la micro-édition pourraient accueillir certains prolongements : une impression, un carnet, une pièce teintée ou une série issue d'une résidence. Ces réalisations resteraient liées aux essais qui leur donnent naissance, plutôt qu'à une promesse de gamme permanente.

Des rencontres et ateliers permettraient de partager les gestes et les questions. Les observations pourraient être documentées sous forme d'échantillons, d'images ou de notes, en conservant la trace des matières et des méthodes utilisées. Une recherche pourrait ainsi être reprise, discutée ou prolongée.

Les couleurs du vivant offriraient une passerelle entre le dehors et les lieux de fabrication. Elles inviteraient à regarder une matière avant de l'utiliser, puis à retrouver dans un objet la relation au milieu dont il est issu.

Cette piste pourrait rencontrer…

La Textile & impressions pourrait accueillir les premiers essais de teinture.

L'atelier Imprimer, éditer, façonner pourrait en garder une trace imprimée.

Les déambulations champêtres resteraient le lieu de l'observation initiale.

Vivre les transitions et les ruptures écologiques

Éco-émotions et survivologie : deux façons de mieux vivre et d'affronter ensemble les bouleversements écologiques, climatiques ou sociaux — par la parole et l'écoute d'un côté, par l'entraide et la préparation collective de l'autre.

Éco-émotions Mieux comprendre les émotions liées aux bouleversements écologiques, les partager et retrouver une capacité d'action.

Inquiétude, colère, tristesse ou sentiment d'impuissance peuvent accompagner la prise de conscience des bouleversements écologiques. Le Château pourra accueillir des rencontres, ateliers et temps d'exploration pour mieux comprendre ces émotions, les partager et retrouver, lorsque cela est possible, une capacité d'action.

Les transformations du climat, l'érosion de la biodiversité ou la modification rapide des paysages ne produisent pas seulement des connaissances et des débats. Elles affectent aussi notre manière de nous projeter dans l'avenir, de regarder les lieux qui nous entourent et d'imaginer ce qui peut encore être changé.

L'éco-anxiété est l'une des formes les plus connues de ces réactions, mais elle n'est pas la seule. Colère, tristesse, découragement, culpabilité ou sentiment d'impuissance peuvent également apparaître. Il s'agira moins de les considérer comme des émotions dont il faudrait se débarrasser que d'apprendre à les reconnaître et à comprendre ce qu'elles disent de notre rapport au monde vivant.

Le Château pourra proposer différents formats : rencontres avec des chercheurs ou des praticiens, conversations publiques, ateliers en petits groupes, marches, pratiques artistiques ou journées associant réflexion et expérience du terrain. Certains rendez-vous pourront s'adresser plus particulièrement aux adolescents, aux parents, aux enseignants ou aux personnes engagées dans les transitions écologiques.

Le parc et l'Écocidothèque offriront un prolongement naturel à ces échanges. Une inquiétude générale pourra ainsi être ramenée à une question plus située : que se passe-t-il ici ? Que peut-on observer ? Que comprend-on réellement de la transformation d'un milieu, de la raréfaction de l'eau ou de l'évolution d'un paysage ?

L'objectif n'est pas de répondre à chaque inquiétude par une injonction à agir. Prendre le temps de comprendre, de mettre des mots sur ce que l'on ressent ou de constater que d'autres personnes traversent les mêmes interrogations peut déjà avoir du sens. Lorsque l'envie d'agir apparaît, les autres activités du Château pourront offrir des prolongements concrets : observer, expérimenter, réparer, cultiver, apprendre ou participer à un projet collectif.

Ces propositions n'auront pas vocation à se substituer à un accompagnement médical ou psychologique lorsqu'il est nécessaire. Le Château cherchera plutôt à ouvrir un espace intermédiaire, à la croisée des connaissances, de l'expérience sensible et de l'échange collectif.

À terme, ces rendez-vous pourront constituer un cycle évolutif : comprendre l'éco-anxiété, habiter un paysage qui change, parler d'écologie avec les jeunes, traverser le sentiment d'impuissance ou réfléchir aux récits qui nous permettent encore de nous projeter.

Il s'agira finalement moins d'apprendre à ne plus être affecté par les bouleversements en cours que de chercher comment rester lucide sans rester immobile, et comment continuer à habiter le monde sans renoncer ni à l'émotion ni à la possibilité d'agir.

Cette piste pourrait rencontrer…

L'Écocidothèque pourrait prolonger ces échanges par une question plus située.

Les déambulations champêtres pourraient offrir un premier pas vers l'expérience du terrain.

La survivologie pourrait prolonger le sentiment d'impuissance par une capacité d'agir collective.

Survivologie — apprendre à faire face ensemble Un travail sur la capacité collective à faire face à une situation de rupture, plutôt qu'un apprentissage de la survie individuelle.

Comment réagir lorsqu'une panne dure, qu'un service devient indisponible, qu'un épisode climatique perturbe fortement le quotidien ou qu'une crise oblige à s'organiser autrement ? Les stages de survivologie du Château associeront apprentissages pratiques, réflexion et mise en situation. Leur point de départ ne sera pas la survie individuelle, mais la capacité à s'entraider, à partager des ressources et à agir collectivement lorsque les conditions habituelles ne sont plus réunies.

Les crises contemporaines remettent en circulation des questions que nos sociétés avaient parfois reléguées à l'arrière-plan : comment disposer d'eau potable, conserver des aliments, produire un peu d'énergie, se repérer, communiquer lorsqu'un réseau tombe en panne, réparer un équipement, organiser un abri temporaire ou porter assistance à quelqu'un ?

Ces savoir-faire ont leur importance. Mais les stages envisagés au Château ne chercheront pas à constituer une école du « chacun pour soi ».

Ils partiront au contraire d'une autre hypothèse : lorsque les conditions se dégradent, la capacité à coopérer, à se répartir les tâches, à partager les connaissances et à prendre soin des plus vulnérables compte au moins autant que la possession d'un équipement ou la maîtrise d'une technique.

Il s'agira donc moins d'apprendre à survivre seul que d'apprendre à faire face ensemble.

Des savoir-faire très concrets

Selon les stages et les intervenants, les apprentissages pourront concerner l'orientation, les premiers secours, la gestion de l'eau, la conservation des aliments, la cuisine avec peu de ressources, l'énergie, la communication, l'abri, la réparation, les low-tech ou l'organisation d'un campement temporaire.

Le parc du Château permettra de mettre certaines de ces situations à l'épreuve : observer un milieu avant d'agir, faire avec des ressources limitées, construire un dispositif simple, organiser collectivement une tâche ou tester ce qui fonctionne réellement plutôt que ce que l'on imagine fonctionner.

Les formats pourront aller de quelques heures d'initiation à un week-end ou plusieurs jours de mise en situation.

Mais aussi comprendre ce que l'on prépare

Une place importante sera donnée aux sciences humaines et sociales.

Les travaux consacrés aux risques, aux catastrophes, aux vulnérabilités, aux crises écologiques ou aux théories de l'effondrement permettront de replacer les pratiques dans un contexte plus large.

La collapsologie et les différents récits d'effondrement pourront notamment être abordés comme des objets de discussion : que décrivent-ils ? Quelles hypothèses posent-ils ? Quelles représentations de la société véhiculent-ils ? Que permettent-ils de penser et que risquent-ils, parfois, de simplifier ?

L'objectif ne sera pas de transformer une hypothèse d'effondrement en certitude, ni de construire les stages autour d'un scénario unique. Il s'agira plutôt d'apprendre à distinguer des risques documentés, des scénarios possibles, des imaginaires et les choix collectifs qu'ils induisent.

La survivologie est aussi une question politique

Se préparer à une situation dégradée pose rapidement des questions qui dépassent la technique.

Qui a accès à l'eau lorsque celle-ci devient rare ? Que partage-t-on et avec qui ? Comment répartir des ressources limitées ? Qui décide ? Comment protège-t-on une personne âgée, un enfant, une personne malade ou quelqu'un qui ne dispose pas des mêmes moyens matériels ?

Ces questions sont politiques au sens premier du terme : elles concernent notre manière d'organiser la vie collective.

Les stages pourront donc associer exercices pratiques et temps de discussion autour de valeurs comme la solidarité, l'entraide, la coopération, la sobriété, le partage des compétences ou l'attention portée aux personnes les plus vulnérables.

La question n'est pas seulement : « De quoi ai-je besoin pour tenir ? », mais aussi : « De quoi avons-nous besoin pour continuer à vivre ensemble ? »

À distance du survivalisme

Cette orientation distingue volontairement la survivologie envisagée au Château de certaines formes de survivalisme fondées sur le repli, l'accumulation individuelle de ressources ou la méfiance envers les autres.

Stocker seul, se retrancher ou chercher à devenir totalement autonome constitue une réponse possible à l'incertitude, mais ce n'est pas celle que le projet souhaite privilégier.

Une commune, un quartier ou un groupe résiste rarement grâce à une addition d'individus isolés. Il tient aussi grâce à des réseaux de proximité, à des personnes capables de s'organiser, à des compétences complémentaires et à la confiance qui s'est construite avant la crise.

Le stage devient ainsi autant un exercice de coopération qu'un apprentissage technique.

Observer aussi les inégalités face aux crises

Les sciences sociales permettront également de rappeler une réalité importante : une crise n'affecte jamais tout le monde de la même manière.

Disposer d'un logement adapté, d'un véhicule, de réserves alimentaires, d'une bonne santé, d'un réseau familial ou de revenus suffisants change profondément la capacité à faire face à une rupture.

Une préparation collective ne peut donc pas se limiter à renforcer ceux qui disposent déjà des moyens de se protéger. Elle doit aussi s'interroger sur les personnes qui risquent d'être les premières touchées ou les dernières secourues.

Cette question pourra devenir un fil rouge des stages : comment construire des dispositifs simples qui augmentent la capacité de tous à faire face plutôt que seulement celle des plus équipés ?

Des intervenants aux expériences différentes

Les stages pourront faire dialoguer des profils qui se rencontrent rarement : secouristes, chercheurs en sciences sociales, spécialistes des risques, personnes issues de l'humanitaire, naturalistes, techniciens, artisans, éducateurs populaires ou praticiens des low-tech.

Un même sujet pourra ainsi être abordé sous plusieurs angles.

L'eau, par exemple, peut être une question de filtration et de stockage, mais aussi de ressource commune et de partage. Un réseau de communication peut être étudié techniquement, puis interrogé du point de vue de l'organisation collective. Un exercice d'évacuation peut devenir une réflexion sur les personnes que l'on risque d'oublier.

Faire avec ce qui existe déjà

Cette piste trouvera naturellement des prolongements dans plusieurs activités du Château.

L'Écocidothèque pourra apporter des connaissances sur l'eau, les sols, les ressources locales ou les transformations du territoire. L'Atelier des formes pourra permettre de fabriquer ou réparer certains équipements simples. Les ateliers consacrés à l'énergie, à l'alimentation, à la conservation ou au réemploi pourront compléter les apprentissages.

Le domaine devient alors un petit terrain d'expérimentation : non pas pour simuler artificiellement la fin du monde, mais pour apprendre à fonctionner momentanément avec moins de ressources, moins de confort ou moins d'infrastructures.

Se préparer sans vivre dans la peur

Il restera enfin une question essentielle : comment se préparer à des situations difficiles sans organiser sa vie autour de leur anticipation ?

L'objectif de ces stages n'est pas d'entretenir une inquiétude permanente. Une préparation raisonnable peut au contraire permettre de rendre certaines situations moins anxiogènes : savoir quoi faire, connaître ses ressources, disposer de quelques compétences et savoir vers qui se tourner.

On pourrait ainsi résumer l'esprit de ces stages par quelques verbes simples : observer, comprendre, prévoir, apprendre, coopérer, prendre soin et s'adapter.

La survivologie devient alors moins un apprentissage de la survie qu'une réflexion pratique sur la résilience collective : comment traverser une perturbation sans perdre ce qui fait société.

Cette piste pourrait rencontrer…

L'Atelier des formes pourrait fabriquer ou réparer certains équipements utilisés en stage.

L'Écocidothèque pourrait éclairer la connaissance des ressources du milieu.

Les ateliers transition énergétique pourraient partager leurs réflexions sur l'eau et l'énergie.

Accueil et hospitalité

Une dernière piste, à part des précédentes : un dispositif d'accueil à taille humaine, pensé pour celles et ceux qui traversent un moment de vie particulier et ont besoin de souffler et de reprendre pied.

Le HAVRe — un lieu pour souffler et reprendre pied Quatre hébergements pour se mettre à distance, récupérer et retrouver un rythme.

Le HAVRe est imaginé comme un petit dispositif d'accueil au sein du Château : quatre hébergements individuels destinés à des personnes qui ont besoin, pour plusieurs jours ou plusieurs mois, de se mettre à distance, de récupérer et de retrouver un rythme. Deux places seraient réservées à des pigistes indépendants et précaires revenant de zones de guerre, de conflit ou de crise, la troisième à une personne engagée dans l'humanitaire entre deux missions, et la dernière à une personne confrontée à une situation sociale urgente.

Le HAVRe prolonge une idée née bien avant le projet du Château.

René Caravielhe, logisticien pour Médecins Sans Frontières, a travaillé sur plusieurs terrains de guerre et de crise, notamment au Rwanda, en Tchétchénie ou à Srebrenica. Disparu en 2024, il avait expérimenté chez lui, à Lunel, une forme très simple d'hospitalité : accueillir des personnels humanitaires revenant de missions particulièrement éprouvantes.

L'idée était de leur offrir un endroit où se poser. Dormir, souffler, retrouver des gestes ordinaires, parler si on en éprouve le besoin ou, au contraire, rester tranquille. Un temps intermédiaire, de plusieurs jours à plusieurs mois, avant de repartir en mission ou de reprendre pleinement pied dans sa vie habituelle.

Le HAVRe reprend cette intuition et cherche à lui donner une forme plus pérenne au sein du Château.

Le dispositif resterait volontairement de petite taille : quatre hébergements pour quatre personnes. Cette échelle réduite est essentielle. Il ne s'agit pas de créer un centre d'hébergement généraliste, mais de préserver la simplicité et la qualité d'un accueil à taille humaine, dans un environnement où il est possible de retrouver du temps, du calme et une certaine distance avec ce qui vient d'être vécu.

Deux places seraient destinées en priorité à des pigistes indépendants et précaires — journalistes, photographes, reporters ou documentaristes — couvrant des zones de guerre, de conflit ou de crise. Lorsqu'ils travaillent hors des grandes rédactions, ces professionnels disposent souvent de moins de relais matériels et institutionnels au retour de terrains particulièrement difficiles.

Le HAVRe pourrait leur offrir un sas entre le reportage et le retour à la vie ordinaire : dormir, reprendre un rythme, mettre en ordre des notes ou des images, terminer un travail si cela est nécessaire, ou simplement ne rien avoir à produire pendant quelque temps.

Une troisième place prolongerait plus directement l'expérience initiée par René Caravielhe. Elle serait destinée à une personne engagée dans l'action humanitaire, au retour d'une mission particulièrement éprouvante ou dans l'intervalle entre deux départs.

Là encore, il ne s'agirait pas d'organiser un programme autour de la personne accueillie. Le principe est précisément de lui laisser du temps : marcher, lire, dormir, cuisiner, travailler si elle le souhaite, participer ponctuellement à la vie du Château ou rester à l'écart.

La quatrième place serait réservée à une personne confrontée à une situation sociale urgente : personne victime de violences conjugales, jeune en rupture familiale ou scolaire, ou personne ayant besoin d'une mise à l'abri temporaire à la suite d'un événement brutal.

Cette dernière fonction demanderait un cadre particulièrement rigoureux. L'accueil ne pourrait pas reposer sur une simple demande directe. Il devrait s'organiser en lien avec des associations, services sociaux ou structures spécialisées capables d'évaluer les situations, de préparer l'arrivée et, surtout, d'accompagner la personne au-delà de son séjour au Château.

Le HAVRe n'a en effet vocation à remplacer ni un centre d'hébergement d'urgence, ni un dispositif médical ou psychologique, ni les structures spécialisées dans l'accompagnement des victimes. Sa fonction est plus modeste et complémentaire : offrir un lieu et un temps de transition lorsque quelques jours, quelques semaines ou quelques mois de répit peuvent aider une personne à reprendre pied.

Cette même prudence vaut pour les journalistes et les personnels humanitaires. Certaines expériences de guerre, de catastrophe ou de violence peuvent nécessiter un accompagnement psychologique ou médical spécialisé. Le Château n'a pas vocation à le prendre en charge. Il pourrait en revanche, avec des partenaires compétents, faciliter l'orientation vers ces ressources lorsqu'elles sont souhaitées ou nécessaires.

La présence du Studio médias pourrait offrir des possibilités particulières aux journalistes accueillis : dérusher des images, réaliser un montage, enregistrer un entretien, classer des archives ou reprendre un travail éditorial dans de bonnes conditions. Mais rien de cela ne constituerait une contrepartie au séjour. Le HAVRe ne serait ni une résidence de création ni un programme de production.

La même liberté vaudrait pour les personnes issues de l'humanitaire. Elles pourraient participer aux activités du Château si elles en ont envie, rencontrer d'autres personnes ou partager une expérience, mais aucune contribution ni restitution ne serait attendue. Le repos reste ici une fin en soi.

À moyen terme, le dispositif pourrait s'appuyer sur un réseau de partenaires : organisations humanitaires, associations de journalistes et de reporters, structures de soutien aux professionnels exposés aux zones de conflit, associations spécialisées dans l'accompagnement des personnes victimes de violences, services sociaux, acteurs éducatifs ou professionnels de santé.

Les modalités d'orientation, la durée des séjours, la confidentialité, les responsabilités de chacun, les conditions d'hébergement et les éventuelles modalités de financement devraient être définies avec ces partenaires avant toute mise en œuvre.

Le HAVRe introduit ainsi une autre dimension de l'hospitalité dans le projet du Château. Accueillir ne signifie pas seulement recevoir du public pour un spectacle, une formation, une résidence ou quelques jours de vacances. Cela peut aussi consister à préserver quelques places pour des personnes qui traversent un moment particulier de leur vie et pour lesquelles un temps de retrait peut avoir du sens.

En prolongeant l'expérience très concrète initiée par René Caravielhe dans sa propre maison à Lunel, le HAVRe conserve quelque chose de cette hospitalité première : peu de places, peu de protocole inutile, mais du temps, un toit et la possibilité de retrouver progressivement ses repères.

Parfois, après avoir traversé une situation particulièrement éprouvante, ce dont on a besoin n'est pas immédiatement d'un nouveau programme, d'un nouveau projet ou d'une nouvelle mission. C'est d'abord d'un endroit où l'on peut s'arrêter quelque temps, souffler et reprendre pied.

Puis, lorsque le moment est venu, repartir.

Source : « René Caravielhe offre son livre aux associations », Midi Libre, 15 avril 2021.

Cette piste pourrait rencontrer…

Le Studio médias pourrait aider les journalistes accueillis à reprendre un travail éditorial dans de bonnes conditions.

Les fermentations et transformations alimentaires pourraient offrir un geste simple et apaisant à qui souhaite cuisiner pendant son séjour.

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Une partie de ce travail est déjà mise en forme dans un dispositif dédié.

L'Atelier des formes

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